La chute du mur de Berlin

Expression d'enthousiasme envers le Rotary sur le mur de Berlin avant sa destruction en 1990. Photo : avec l'aimable autorisation de Rotary Magazine
Expression d'enthousiasme envers le Rotary sur le mur de Berlin avant sa destruction en 1990. Photo : avec l'aimable autorisation de Rotary Magazine

Un soir de novembre 1989, des centaines de Rotariens venus participer à un colloque du Rotary attendaient dans le hall de l’hôtel Hilton de Berlin-Ouest des taxis pour se rendre à une réception. Un employé de l’hôtel fit alors une annonce que Peter Lorenz, organisateur de l’évènement et membre du club de Berlin-Spree n’est pas prêt d’oublier :  

 « Les taxis commandés ne peuvent se rendre à l’hôtel. Comme vous allez être en mesure de le constater, des milliers de visiteurs provenant de la partie Est de la ville sont dans les rues et bloquent l’accès à l’hôtel. Nous attendons ce moment depuis 28 ans et nous vous demandons de le partager avec nous. La Porte de Brandebourg et le mur sont désormais ouverts. »

La chute du mur de Berlin il y a maintenant 20 ans a été le point de départ d’un bouleversement géopolitique en Europe. Cet évènement correspond également à l’aube d’une nouvelle ère rotarienne et est perçu aujourd’hui comme la renaissance du Rotary en Europe de l’Est.

Les Rotariens allemands, stupéfaits par les événements du 9 novembre, se réjouirent de la perspective d’une Allemagne réunifiée et de l’impact d’une telle réunification sur le Rotary. Ils ne perdirent pas de temps à se mettre au travail, alors même que le mur n’avait pas encore commencé à être démantelé. C’est ainsi que les membres du club de Berlin-Tiergarten accueillirent les visiteurs est-allemands franchissant le mur en leur offrant du thé et du café. D’autres Rotariens distribuèrent des plans de Berlin-Ouest, denrée très convoitée pour les visiteurs de l'Est car leurs cartes n’indiquaient aucune des rues de Berlin-Ouest. « Le café est parti moins vite que les plans de la ville », se souvient  Jürgen Thormann, membre du Rotary club de Berlin-Tiergarten.  

Dans les semaines et les mois qui suivirent, des Rotariens ouest-allemands élaborèrent des stratégies pour ramener à la vie des clubs qui existaient auparavant dans la partie Est du pays dans des villes comme Chemnitz, Dresde et Leipzig.

Des gouverneurs de district autrichiens et allemands évoquèrent la possibilité d’implanter le Rotary en Allemagne de l’Est et dans d’autres pays comme la Tchécoslovaquie, la Hongrie et la Yougoslavie. Les clubs et les districts commencèrent alors à organiser des séminaires dans des villes est-allemandes, dont bon nombre permirent d'établir des jumelages de villes et de monter des actions de club qui 20 ans plus tard fonctionnent toujours.

Bien que le concept de club-service soit inconnu pour une génération entière élevée à l'Est, 19 nouveaux clubs reçurent leur charte dans l’année qui suivit la réunification

En mars 1990, Hugh Archer, alors président du Rotary International et présent lors du colloque de Berlin-Ouest au moment de la chute du mur, se rendit au Kremlin pour exposer le concept d’organisation de service aux dirigeants soviétiques. Trois mois plus tard, le Rotary club de Moscou vit le jour.

À la fin de l’année 1995, l’Allemagne réunifiée comptait 91 nouveaux clubs, et le mouvement rotarien se propagea rapidement en Europe de l’est.    

Adaptation d'un article de Rotary Magazin, magazine régional d'Autriche et d'Allemagne.